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Energie-bois : se chauffer sainement
28 Mai 2006
Comme tout ce qui brûle, le bois peut produire des gaz et des particules, à l'intérieur comme à l'extérieur du bâtiment, en quantité d'autant plus importante que l'apport d'air neuf est insuffisant dans le foyer de combustion, que le bois est contaminé par des transformations, que le foyer est ouvert, que le tirage est mauvais.

S'assurer d'une bonne installation

Tous les équipements de chauffage au bois doivent avoir une entrée d’air extérieure pour assurer une bonne combustion, éviter la production d’imbrûlés et de monoxyde de carbone et prévenir tout refoulement.
Cette entrée d’air frais doit être placée face aux vents dominants ou sur les cotés et non à l’opposé. Elle peut être fermée lorsque la cheminée ne fonctionne pas. Si l’habitation est équipée d’une extraction d’air mécanique (VMC), cette entrée d'air est obligatoire et il est alors impératif de vérifier le bon tirage de la cheminée.
Le conduit de fumée doit desservir un seul foyer, être étanche et sans fissure, avoir une trappe de fermeture du conduit lorsqu'il n'est pas utilisé, avoir le moins de dévoiements possible et une bonne isolation thermique pour éviter les condensations et les dépôts de bistre. Lors des passages d'étages ou de toitures, il est indispensable que le conduit, en particulier d'un foyer fermé, respecte " l'écart du feu", distance de 16 cm de tout élément combustible, car la température des gaz de combustion de ces équipements très élevée, supérieure à 400 °C, est à l'origine de nombreux feux de cheminée. Le tubage inox est fortement conseillé en cas de rénovation d'une ancienne cheminée, mais aussi pour une maison neuve. Il rend le conduit parfaitement étanche et permet de régler les problèmes de mauvais tirage.
La hauteur de la sortie en toiture doit dépasser de 40 cm le faîte du toit du bâtiment où est installée la cheminée. S’il y a des constructions voisines plus élevées, la sortie en toiture doit dépasser également de 40 cm le faîte de ces bâtiments ou être située à une distance de huit mètres pour éviter leur exposition aux fumées.
Il faut ramoner le conduit deux fois par an dont une fois pendant l’utilisation pour éliminer le goudron, améliorer le tirage et économiser du combustible. Le ramonage chimique qui consiste à mettre "une bûche" spéciale dans le feu est relativement inefficace, voire dangereuse. La majorité des compagnies d'assurance ne reconnaissent pas cette technique et le règlement sanitaire ne la prend pas en compte.

Ne pas faire feu de tout bois

Il ne faut jamais brûler de bois humide qui dégage beaucoup de vapeur d'eau. La température de combustion baisse et beaucoup de polluants sont alors émis. Le bois doit être le plus sec possible, après stockage de quinze à vingt-quatre mois. Le séchage ne pourra s'effectuer correctement que si le bois est fendu.
En Suisse, l'ordonnance pour la protection de l'air O'Pair interdit la combustion de résidus de bois provenant de menuiseries et de charpenteries, de palettes, de tout bois usagé ainsi que des déchets tels que cartons, matériel d’emballage, etc.
Les panneaux d’agglomérés et les matériaux dérivés du bois contiennent des agents durcissants et des colles à base d'urée-formaldéhyde qui augmentent leur teneur en azote, jusqu’à 3 % du poids contre 0,15 % pour les plaquettes forestières. Leur combustion émettra donc davantage d'oxydes d'azote, gaz irritants, qu'un bois naturel.
Il peut se produire d’importantes émissions de dioxines avec des panneaux d’aggloméré durcis au chlorure d’ammonium et avec le bois de rebut alors que la combustion de bois naturel ne donne que de très faibles quantités de dioxines.
Brûler des traverses de chemins de fer, des bois peints, des bois traités, des bois de récupération de chantiers augmentent les émissions dans l'air d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dont le benzo(a)pyrène, cancérogène probable (groupe 2B), de dioxines et de furanes, de nombreux composés organiques volatils, des métaux comme l'arsenic, le chrome, etc.

Réduire les émissions de polluants

Il est souvent affirmé qu'avec la combustion du bois, la qualité de l'air est bien supérieure qu'avec d'autres combustibles, car il n'y a pas d'émission de produits soufrés. C'est vrai pour ce paramètre, mais la qualité sanitaire de l'air ne se résume malheureusement pas à ce seul critère. Le taux d’azote contenu naturellement dans le bois explique que, par contre, les émissions d’oxydes d’azote sont plus importantes pour des installations de combustion de la biomasse que pour des chaudières au fioul ou au gaz. Ainsi, des procédés sont nécessaires comme l’apport d’air étagé et l’alimentation en combustible étagée pour diminuer ces émissions.
Si les grosses chaudières à bois qui ont une combustion la plus complète possible avec une température élevée 850 °C et un temps de séjour des gaz d'une demi-seconde, émettent moins de polluants, il faut tout de même qu'elles soient équipées de procédés de filtration des émissions de particules fines (cyclones et filtres à manche).
En effet, près de 80 % des particules émises par le chauffage au bois ont un diamètre inférieur à 1 micron (µm). Ces particules fines sont donc respirables puisque toutes particules inférieures à 2,5 µm de diamètre pénètrent jusque dans les alvéoles pulmonaires. Les effets sanitaires chroniques des particules fines semblent actuellement deux à trois fois plus importants que les recherches précédentes ne l'ont laissé supposer.
Entre l'hiver 1999 et l'été 2002, une campagne de mesures a été réalisée, en hiver et en été, par la Direction de la santé publique et Environnement Canada, dans le centre-ville et dans un quartier de Montréal où il y a un nombre élevé de résidences utilisant le bois comme mode de chauffage principal ou d’appoint. Les concentrations des HAP peuvent y être jusqu'à cinq fois plus élevées en hiver qu'en été et deux fois plus qu'au centre-ville. En hiver, les teneurs quotidiennes de particules fines PM 2,5, mesurées dans ce quartier résidentiel sont de 10 % supérieures à celles du centre-ville de Montréal et 10 % plus élevées qu'en été. Comme pour les HAP, les teneurs de PM 2,5 augmentent de 20 % les soirs de fin de semaine en hiver.
Les Suisses estiment possible de réduire de 70 % les émissions de particules fines grâce à un séparateur électrostatique développé par l'EMPA et la Rüegg Cheminée AG. Ce système est maintenant intégrable dans les poêles en faïence, les cheminées et les inserts présents sur leur marché.

Eliminer les cendres

La combustion du bois produit environ 1 % de cendres par rapport au poids initial du combustible. Plus le combustible contient d’écorce, plus la part de cendres augmente. D'après l‘Association Energie-bois Suisse, environ 2,7 millions de mètres cubes de bois énergie ont été utilisés en Suisse, en 2002. Cela signifie que durant la même année près de 27 000 tonnes de cendres ont été produites.
Les cendres de bois contiennent 20 à 25 % de calcium, 2 à 10 % de potassium, 0,5 à 1,5 % de phosphore auxquels s'ajoutent de nombreuses autres substances comme le magnésium, le silicium. Les teneurs en métaux lourds des cendres sont très variables. Moins il y a de bois naturel et plus il y a de sous-produits du bois de transformation et des bois de rebut, plus la teneur en métaux lourds dans les cendres sera élevée, notamment en zinc (20 fois plus) et en plomb (100 fois plus).
Le contenu des cendres de bois naturel en grandes quantités de potassium et de phosphore permet une utilisation comme engrais sauf en présence élevée de métaux lourds. En Suisse, les cendres peuvent être déposées dans des décharges contrôlées bioactives ou éliminées par des usines d‘incinération des ordures ménagères (UIOM). Elles sont aussi ajoutées au compost (ordures vertes) et au fumier ou utilisées directement dans le jardin.
La quantité de cendres produites par les foyers performants est plus faible qu’avec les foyers classiques, car le bois est mieux brûlé. La récupération des cendres est manuelle pour les foyers ouverts et fermés, les poêles alors qu'elle est automatique dans les chaudières.
Enlever les cendres doit être réalisé avec beaucoup de précaution pour éviter la mise en suspension dans les locaux et l'inhalation de particules très fines.

S'il est bien évident que l'énergie bois, aux multiples atouts environnementaux, doit être développée, une vision globale des avantages et des problèmes doit dynamiser les innovations technologiques et promouvoir une culture des utilisateurs.